Les cendres du père de Damien sont « à la décharge »

Damien n’a pas su où se recueillir cette année

En décembre dernier, les trois jardins du souvenir des cimetières de Comines-Warneton, là où sont dispersées les cendres, étaient réaménagés. Le terrain a été creusé pour y placer des galets blancs. Damien, le fils de l’un des défunts, a depuis porté plainte pour profanation car, selon lui, la terre enlevée a fini « à la décharge ». Lors de la
Toussaint, il ne savait pas où se recueillir.

« Où me recueillir ? s’interrogeait  Damien Braem avant la Toussaint. Mon père n’est plus là, à cet endroit. Ses cendres qui avaient été dispersées en janvier 2015 au jardin du souvenir du cimetière de Comines ont disparu,
ainsi que notre plaque commémorative.
Tout a terminé à la décharge. »
Et le Cominois d’expliquer qu’en décembre dernier, la « pelouse de dispersion » a été excavée sur plusieurs centimètres et que la terre dégagée aurait fini «à la décharge, dans un champ, comme pour les deux autres cimetières du Bizet et d’Houthem ».
Aussi a-t-il porté plainte pour profanation mais « rien ne bouge », se désole-t-il. « C’est comme si l’on avait retiré, de son caveau, le corps de mon père. Je veux que les responsables présentent des excuses aux familles, et soient condamnés, même pour un euro symbolique.
Ma mère et moi n’avons jamais eu d’explications. »
« Quand j’ai su que la terre avait été enlevée, se souvient-il, je suis devenu fou. Ce qui me révolte, c’est que les travaux ont été entrepris sans nous prévenir.
Symboliquement, on aurait pu chacun récupérer un pot de terre. C’est comme si l’on avait mis mon père dans une fosse commune. »
Selon une expertise réalisée en mai dernier par Xavier Deflorenne, le « Monsieur Cimetière » du Département de l’aménagement du territoire, les nouvelles aires de dispersion permettent « l’absorption des cendres par le sol » et « les modèles en rocaille sont mieux adaptés aux pratiques communales ». Voilà donc pour l’origine de ces réaménagements des trois jardins du souvenir.
Mais l’expert l’assure aussi :
«Aucune demande de conseil n’a été adressée à la cellule de gestion du patrimoine funéraire sur la façon d’entamer ces travaux. » Et d’enfoncer le clou : «
Si cette brutalité, dans l’excavation des aires de dispersion initiales (…) et dans l’évacuation des terres vers les déchets communaux, n’est en soi pas légalement répréhensible, elle touche une tout autre dimension lorsque la suppression (…) des plaques souvenirs concessionnaires communales se réalise en spoliant familles d’un monument concessionnaire leur appartenant.»

Explications de l’échevin

Une erreur de communication

En février, Didier Vandeskelde, à l’époque échevin de l’Urbanisme en charge des cimetières, livrait quelques explications.
Les travaux de réaménagement ont en effet été engagés à son initiative, justement pour éviter que les cendres récemment déposées ne finissent emmenées par la dernière tonte de lapelouse.
En mettant du gravier, les cendres restent sur la couche inférieure du sol. Mais pour l’élu, « le terrain n’a pas été
creusé », seulement désherbé.
Une nuance qui fait encore débat aujourd’hui.
Les plaques funéraires qui avaient été retirées par les agents communaux et emmenées à la décharge ont été remplacées sur site, par un nouveau format respectant des contraintes de taille notamment.

L’homme avait aussi reconnu son erreur quant au manque d’informations relatif aux travaux : « Il y a eu un avis sur
place, mais il n’est pas resté longtemps. Toutes les familles n’ont donc pas été averties. Nous aurions dû contacter les familles des proches. »

2 Comments on “Les cendres du père de Damien sont « à la décharge »”

  1. au cimetiere de ploegstert exactement la meme situation.disparution des plaques avec photos.que sont telles devenues???.mais ici pas d’avis.elles ont disparues juste avant la toussaint de cetteannée 2018.

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