Il se plaint des nuisances de Clarebout Potatoes

La gendarmerie a ouvert une enquête

En septembre, alerté par
des fumées et des
flammes qui sortaient
d’une cheminée de
l’usine Clarebout Potatoes, un
Warnetonnois a voulu déposer
plainte à la gendarmerie de
Quesnoy-sur-Deûle. Denis
Viaene y a été entendu et une
enquête est désormais ouverte.

C’était le 1er septembre, un samedi.
Denis Viaene, un Warnetonnois
habitué des longues
promenades en bord de Lys, et
surtout, voisin de l’usine de
frites Clarebout Potatoes, aperçoit
« de la fumée noire et des
flammes » sortant d’une des
cheminées de l’entreprise.
« Le phénomène se produisait à
intervalles réguliers, toutes les
cinq minutes et le dimanche, les
mêmes faits se sont reproduits »,
raconte celui dont le combat
contre les nuisances causées
par l’entreprise belge n’est pas
nouveau.
« En 2011, j’avais déjà envoyé
une lettre au Procureur du roi
pour mise en danger de la vie
d’autrui.
Il avait saisi la police de Comines
Belgique et j’avais été auditionné
mais il n’y a pas eu de
suite », rappelle celui dont la
maison, côté France (route de
Deûlémont), se situe à environ
500 de mètres de l’usine.
Début septembre, il y a donc
eu les flammes et les fumées,
mais le lundi (3 septembre), il
dit avoir également constaté «
d’importants rejets provenant
de l’usine dans la Lys. Ils étaient
d’une couleur jaunâtre et sont
sans doute dus à la surproduction
de l’entreprise ».
Alors, Denis Viaene n’a pas
voulu en rester là.
PRODUITS TOXIQUES
Le Warnetonnois s’est donc
rendu à la gendarmerie de
Quesnoy-sur-Deûle pour déposer
plainte : « Je ne veux pas
qu’on puisse dire un jour qu’on
ne savait pas s’il arrive un
drame ».
Le retraité y a été entendu, le 5
septembre, par un officier de
police judiciaire et, comme il y
a sept ans, il a mis en avant
son « inquiétude » après avoir
vu (et filmé) les flammes et fumées.

« Il y a quand même beaucoup
de produits toxiques et d’ammoniac
dans l’usine. En principe,
ce sont des gaz ou de la vapeur
qui doivent sortir des cheminées.

J’avoue que ces flammes m’ont
fait peur. ».
Depuis dix ans qu’il dénonce
les nuisances causées par
l’usine (le bruit, les odeurs),
Denis Viaene reconnaît cependant
que Clarebout Potatoes «
a fait des travaux» pour améliorer
la situation, notamment
en ce qui concerne le bruit. Récemment,
l’usine a fait installer
des valises chez lui afin de
mieux cerner les nuisances sonores
dont il est victime.
« Mais il faut constamment être
en veille, alerter et attendre ensuite
des mois pour que le problème
soit réglé »…
Son combat n’est pas près de
s’arrêter puisque le Warnetonnois
a depuis lors rejoint les
rangs de l’association Deûlémont
Défense de
l’environnement.
LA PROCÉDURE EST LANCÉE
À la gendarmerie de Quesnoysur-Deûle,
on précise que Denis
Viaene a été entendu le 5
septembre « en qualité de témoin
» et sans dépôt de
plainte.
« L’affaire est en cours de traitement
et une enquête est ouverte
» mais puisqu’elle concerne
une entreprise belge, la procédure
devrait être transmise au
Procureur du roi, en Belgique
ainsi qu’aux services de police
de Comines-Warneton (B).
Comme en 2011.

Flammes et fumées «inoffensives»

Pour le porte-parole de l’usine
Clarebout Potatoes, ces
flammes et fumées qui ont inquiété
le Warnetonnois ne sont
pas nouvelles et ont une explication.
Jan Pote, le porte-parole de
l’usine de frites surgelées, explique
que ces flammes et fumées
proviennent d’une « torchère
installée il y a déjà neuf
ans, les flammes sont donc déjà
visibles depuis des années ».
Des flammes qu’il explique de
cette manière : « L’eau qui a été
utilisée dans l’usine pendant la
production est purifiée dans
notre station d’épuration. Ce processus
produit du biogaz, ensuite
réutilisé dans la production ».
Mais, ajoute Jan Pote, « on a régulièrement
du biogaz en trop.
Si on laissait s’échapper ce biogaz
dans l’air, cela produirait
une odeur, ce qu’on ne veut absolument
pas ».
Quand il y a excès de biogaz, «
la torchère est donc allumée
pour le brûler et on a alors de la
fumée au démarrage de la torchère.
Mais ces flammes et fumées,
qu’on a régulièrement et
depuis des années, sont inoffensives
», assure le porte-parole de
Clarebout Potatoes. –

Christelle Jeudy

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