Les sous et les dessous de l’IEG

 

Présents ou absents, les membres des comités de gestion de secteur touchaient 14.000 € par an.

Un montant forfaitaire annuel de 14.200 euros en moyenne pour onze réunions auxquelles on n’était pas obligé d’assister :
c’est ce que recevaient les membres des organes de gestion de l’intercommunale IEG avant les nouvelles règles imposées par la Région wallonne suite à l’affaire Publifin. Les chiffres ont été divulgués lundi soir au conseil communal par le conseiller Luc Tiberghien.
« C’est un sujet qui vous dérange», a-t-il lancé, sans être tout à fait satisfait des nouvelles mesures.

Certes, on est loin des chiffres de l’intercommunale liégeoise Publifin, pour laquelle 24 membres
ont touché 9.600 bruts de l’heure, soit 500 euros la minute pour certains mandataires, mais les chiffres avancés par Luc Tiberghien ne manqueront pas d’interpeller et de surprendre le citoyen mouscronnois. La Région wallonne
impose la transparence depuis l’affaire qui a scandalisé l’opinion publique. C’est ainsi que le conseiller Écolo a eu entre les mains le tableau des rémunérations des administrateurs et membres des comités de gestion de l’IEG pour l’année 2017. Le montant forfaitaire annuel est de 14.200,80 euros pour chacun des huit membres des comités de gestion, de 17.750 euros pour les deux vices-présidentes et de 23.668 euros pour le président
(voir le tableau ci-contre). « Sans même une obligation d’une présence physique aux réunions », s’insurge
Luc Tiberghien qui déplore en outre « une légèreté des ordres du jour » du conseil d’administration.
« Je peux témoigner de la difficulté de s’y faire entendre, ayant toujours l’impression de déranger ». Il évoque, du temps où il était lui-même administrateur, des C.A. qui « duraient entre 2 minutes et un quart d’heure ». Le taux de présence reste cependant acceptable pour les élus concernés selon le tableau, la moins assidue étant la
vice-présidente et députée Christiane Vienne (PS), retenue par ses activités parlementaires (ses explications
en page 15).
Les administrateurs ne touchent, eux, « qu’un » jeton de présence (voir le tableau, toujours) par réunion réellement prestée. Cela deviendra d’ailleurs la règle pour tous, administrateurs et membres des organes de gestion, à partir du 1er juillet 2018, date d’entrée en vigueur du nouveau règlement imposé par la Région wallonne.
Fini les montants forfaitaires annuels.
Tous recevront un jeton de présence de 209,17 euros à l’indice  actuel. « C’est le seul point positif », relève le mandataire écologiste.
Luc Tiberghien se réjouit certes de la limitation du nombre d’administrateurs (11 au lieu de 15) et de la limitation du nombre de vice-présidents (1 au lieu de 2), mais il estime que l’IEG accorde encore et toujours plus d’importance aux comités de gestion (A etB) qu’au conseil d’administration, pourtant davantage pluraliste
(tous les partis sont représentés-).« Vous allez pouvoir continuer à faire votre popote entre amis », déplore
le conseiller de l’opposition.
« On maintient un conseil d’administration fantoche au profit de deux comités de gestion tout puissants
». Ces deux comités de gestion ont toutes les prérogatives, remarque-t-il : gestion journalière,
désignation des prestataires de service, des fournisseurs, aliénation des biens immobiliers, etc.
En ne rendant pas plus « souverain» le conseil d’administration, les représentants de l’IEG n’ont
« rien compris à ce qui est attendu par une population de plus en plus écœurée par certaines pratiques politiques
qui devraient être du passé ». Les trois conseillers écologistes ont voté « un non ferme » à l’approbation des points inscrits à l’ordre du jour de l’assemblée générale l’IEG du 29 juin. Le cdH, le MR mais aussi le PS ont voté oui. –

DANIEL FOUCART

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