Simone Platteau : « 100 ans moi? C’est impossible ! »

Madame Simone Platteau

Et oui, en vous voyant chère Simone, c’est également la réflexion qui nous est venue à l’esprit. Le temps a certes passé, depuis 100 ans déjà, mais il a eu fort à faire avec vous et il n’a eu que très peu d’emprise. C’est que cette chère Simone a du caractère et qu’elle a su parfaitement le maîtriser ce vagabond!

Ce vendredi 28/12 au café « Le Centre » à Comines, Simone Platteau (veuve de Monsieur Georges Duthoy), entourée de sa famille et de ses proches, fêtait son centenaire.

Simone est née le 28 décembre 1912 à Zillebeke et comme elle aime à le dire, lorsque l’on est née le jour des Saints Innocents, l’on est de toute manière destinée à finir au paradis. L’humour de Simone et sa vivacité d’esprit ne cesseront d’ailleurs de nous épater durant toute l’après-midi.

Comme beaucoup le faisaient en ce début de XXème siècle, Simone travailla très rapidement. Elle cousu du tabac et devint piqurière  (Mon dieu ! Ne prononcez pas le nom de couturière, le papa de Simone se retournerait dans sa tombe) à Halluin dès l’âge de 16 ans. C’est à cet âge également qu’elle reçut son premier vélo afin d’avoir le temps de revenir manger à la maison pendant la pause de midi. Simone enfourchera un vélo toute sa vie, décidant de ne pas prendre le permis qui, à l’époque, était offert (enfin presque, mais tout du moins jusqu’à l’âge de 95 ans où elle décide de devenir piétonne parce que, le dit-elle : « si l’on arrête de bouger, on rouille, et après c’est la fin »). La forme physique de Simone est impressionnante, mais ce qui l’est encore plus, c’est que si Simone a fait du vélo aussi tardivement, c’était pour aller chercher sa fille à la gare afin que cette dernière ne doive pas porter les bagages toute seule. Quel joli geste que ce gage d’une maman portée par l’amour maternel.

L’adolescente devint une jolie jeune femme qui fit un jour tourner la tête de Georges Duthoy (au passage je me permets une petite note personnelle et, il serait très long de vous expliquer l’histoire d’amour de Simone et Georges – 1000 excuses aux lecteurs-, souligne l’esprit d’abnégation de Simone qui mérite d’être relevé pour ceux qui connaissent l’histoire). Le 21 novembre 1942, ils convolent en justes noces à Comines. Abnégation …. oui, il en est ainsi mais attention, Simone n’en perdit pas moins son caractère et Georges, lors de la demande en mariage, dut toutefois se plier à une condition! Précisons que Georges avait mis les petits plats dans les grands. Resituons-nous : 1941, étang de Zillebeke (aaahhh le romantisme…), dans une barge. Georges demande donc comme il se doit la main de la jeune Simone. Cette dernière, fort tentée, émet toutefois 1 réserve : « Oui, je le veux. Mais à condition de ne plus mettre de canotier ». L’on ne vit plus jamais Georges Duthoy couvert d’un canotier (bien que le bougre rusa et porta désormais la casquette 😉 ) et l’on maria donc ces deux jeunes gens en novembre 1942 comme relaté plus haut.

Cette union durera 56 années, jusqu’au décès de Georges à l’âge de 87 ans. Deux enfants naîtront : Ghislain en 1944, et Chantal en 1947. Simone et Georges deviendront également les heureux grands-parents de Vincent et Frédéric ainsi que de Sandrine qui donnera elle-même 3 arrière petits-enfants.

Simone l'astucieuse en mode ''sport''

Les voyages ont occupé une bonne partie de la vie de Simone qui eut la chance de les faire avec ses enfants. Evidemment, Simone étant cycliste, les enfants prirent le rôle de chauffeur pour ces voyages. Les voyages forment la jeunesse certes, mais Simone n’a pas toujours ses enfants pour voyager. Qu’à cela ne tienne, Simone entretiendra sa jeunesse d’une manière ou d’une autre. Le sport ? Mais bien entendu! En plus du vélo, Simone s’est toujours entretenue en faisant un peu de sport et ce, jusqu’à l’âge de 94 ans. Sommes-nous déjà impressionnés de cette performance que Simone nous en met encore plein la vue de par son ingéniosité. Le centre de fitness chez soi, c’est ce que notre chère centenaire a inventé. Un astucieux système de poulie et … hop … 1-2, 1-2, 1-2…. Je vous promets, je n’invente rien, d’ailleurs photo à l’appui, voici notre Simone en pleine action.

Nous l’avons bien compris, Simone ne subit pas la vie. Néanmoins, il arrive un moment où l’on doit veiller sur soi. Simone en est consciente et le fait … à sa manière ;). Je me permets de vous révéler deux de ses citations que je m’évertuerai dorénavant à mettre en pratique.

1) « Si  l’on boit un bon petit verre le matin et qu’on en boit également un le soir, on est certains de ne pas mourir dans la journée »

2) « Avec l’eau on rouille, autant boire un bon verre de bière ou de vin »

Nous l’aurons compris, Simone n’est pas une adepte de ‘Château La Pompe’, elle craint trop la rouille 😉

Bien qu’elle bénéficie de l’assistance de quelques personnes qui passent régulièrement chez elle, Simone vit toujours chez elle et, oserais-je vous le dévoiler, elle confiait à Monsieur le Bourgmestre, qu’à 100 ans elle fait encore le trottoir. Et oui, Simone, vous l’aurez bien compris, balaie toujours son trottoir. L’énergie est sa meilleure amie.

Au-delà de cette vitalité, Simone s’accorde également des moments simples mais qui la ravissent : elle se languit devant le feuilleton ‘Derrick’, lit les journaux afin d’être au courant de ce qui se passe dans son entourage et dans le monde et enfin .. prend également quelques moments à se ménager durant quelques petites siestes.

Simone … 100 ans, Simone… un exemple de vie pour tous. Chère Simone, ce fut un réel plaisir de vous rencontrer et nous espérons de tout coeur être conviés au prochain anniversaire. Nous vous renouvelons tous nos voeux.

Voici quelques photos souvenir :

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