Faut-il rester ensemble pour les enfants?

Des motivations cachées

Plus d’une union sur trois se termine aujourd’hui par une séparation, en France. Pourtant, nombreux sont les couples qui restent ensemble alors même qu’ils ne s’entendent plus. Leur motivation affichée étant souvent celle de protéger les enfants du traumatisme d’une séparation. Mais ce « faux prétexte » cache souvent d’autres raisons plus difficiles à exprimer.

Le statu quo, un poids pour l’enfant

Il ne faut pas sous-estimer la souffrance que représente pour les enfants la séparation des parents. Mais rester ensemble alors que rien ne va plus peut se révéler bien plus traumatisant pour eux, surtout lorsque les parents se disputent ouvertement.

Rassurer les enfants

Il est important de respecter quelques « règles du jeu », que l’on décide de rester ensemble ou de se séparer.

« Les enfants n’ont pas le recul suffisant pour analyser ce qui se joue dans le couple parental. Lorsqu’il y a un conflit entre les parents, les jeunes enfants pensent que c’est leur faute, il est donc important de les rassurer. À l’adolescence, ils se sentent souvent solidaires de l’un des deux parents, celui qui leur paraît le plus fragile. Il est important de rendre à l’enfant sa place d’enfant, qui n’intervient pas dans la relation entre les parents et les décisions qu’ils prennent. Il a besoin de sentir aussi que son père et sa mère sont heureux et que cela ne dépend pas de lui… En général, quand les parents vont bien, les enfants vont bien ! »

Fort heureusement, certains parviennent à trouver un équilibre, à faire des compromis et à se respecter mutuellement, même s’il n’y a plus d’amour. C’est une situation plus supportable, mais cela donne une image faussée de la vie à deux. Car, à tout âge, les enfants ont besoin d’avoir des parents qui les aiment… et qui s’aiment !

Les faux-semblants entérinent le mensonge

« Lorsque le couple reste ensemble dans l’indifférence, les enfants s’habituent à une situation fausse, perverse. Il n’y a ni transparence ni authenticité. Cela entérine le mensonge, et conduit à des familles sans lien, dans lesquelles chacun vit sa vie ‘’

Vivre chacun sa vie en s’autorisant des relations extraconjugales, est-ce une solution quand on décide de rester ensemble alors que l’amour s’en est allé ? « Il n’est pas bon de vivre dans la frustration. Si les besoins affectifs et sexuels ne sont pas satisfaits ou sublimés – par exemple, dans la création, le travail -, l’insatisfaction risque de s’exprimer par la dépression, la dépendance à l’alcool. Une relation extraconjugale peut contribuer à l’équilibre de chacun… Mais pour un enfant, apprendre que l’un de ses parents – ou les deux – mène une double vie n’est jamais facile, que ce soit clairement exprimé ou non. Ce n’est pas un bon modèle d’identification et cela n’aide pas à avancer dans la vie en confiance. »

Le mythe de l’union réussie a la vie dure

Les difficultés à se séparer peuvent s’expliquer par un manque d’autonomie affective ou matérielle vis-à-vis de l’autre – la dépendance économique des décennies précédentes n’a pas totalement disparu – et la peur de se retrouver seul. L’éducation ou la propre histoire de chacun pèsent aussi sur la décision.

Certaines personnes ont une image très traditionnelle de la famille ou viennent de structures familiales où l’on ne divorce pas. Il est alors très difficile de franchir le pas. D’autres, au contraire, ont mal vécu le divorce de leurs parents et ne veulent pas infliger la même expérience à leurs enfants.

Même lorsque les parents essaient de cacher leur conflit, les enfants le sentent. Lorsque l’un des parents entretient une relation extraconjugale, ils le devinent… Ils testent en permanence la solidité du lien entre leurs parents et ils font tout pour qu’ils restent ou se remettent ensemble, pour préserver leur idéal, leur rêve de « famille Ricoré ».

À partir de l’adolescence, ils sont plus autonomes et peuvent soutenir la séparation de leurs parents.

Partir ou rester, il n’y a pas de recette. Mais le plus important pour les enfants, c’est que les parents soient en cohérence entre ce qu’ils ressentent, ce qu’ils disent et ce qu’ils font.

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