Yves PAUWELS. Depuis trente ans, son kilt de soldat écossais fait sensation au semi-marathon

Au beau milieu des athlètes, en shorts, tee-shirts et baskets, impossible de le rater ! Tous les ans depuis trente ans, Yves Pauwels, 52 ans, est sur la ligne de départ du 21 km et, depuis près d’un quart de siècle, en uniforme écossais. Depuis, le Bizétois a fait des émules et ils sont aujourd’hui une dizaine à se retrouver en tenue d’époque sur la place de Ploegsteert chaque 11 novembre.

PAR FLORENCE PIAZZETA – Photo archives Damien menu

Courir un semi-marathon en portant l’uniforme écossais (avec kilt, s’il vous plaît), fusil à l’épaule et sac au dos… Mais comment peut-on avoir une telle idée ? Yves Pauwels, fidèle de la première heure de la Course du Souvenir et amoureux de sport, confesse l’avoir eue un peu par hasard. « Comme j’habitais à proximité de la place de Ploegsteert, j’avais l’habitude d’aller à l’Hostellerie. J’ai assisté à la naissance de la course auprès de Jean-Jacques Vandenbroucke », se souvient-il en rappelant qu’au début de l’aventure, l’événement ne rassemblait même pas une centaine de personnes. Dès la première édition, Yves Pauwels, gendarme dans le civil (« jusqu’en 2002, année de la fusion police-gendarmerie »), habitué des compétitions militaires, s’aligne sur le 21 km. « Mais, la quatrième année, il y avait énormément de boue sur la route. Tout le monde tombait… En plaisantant, je me suis dit que j’allais courir la fois d’après avec mes chaussures militaires. » Plaisanterie ou pas, l’idée fait son chemin. « Mais je me suis dit que j’aurais l’air bête avec mes bottines en short. Alors, j’ai opté pour l’uniforme écossais avec le kilt ! » Un petit tour dans l’armoire d’une de ses quatre soeurs plus tard et Yves Pauwels se retrouve paré. « Une veste de l’armée belge ornée de déco, la jupe d’une de mes soeurs, un casque d’époque et un fusil que j’ai moi-même fabriqué » viennent finir la panoplie.

Devoir de mémoire

Si l’origine des motivations d’Yves Pauwels est anecdotique, il faut bien reconnaître que son intérêt pour l’histoire a également joué un rôle dans le choix de courir revêtu de l’uniforme écossais. « C’est vrai que quand je suis arrivé à Ploegsteert, je me suis intéressé à la période… La ligne de front a quand même été ici pendant quatre ans », explique le Bizétois qui affirme courir non pas pour faire un classement mais « pour rendre hommage à la souffrance de tous ces jeunes soldats tombés sur le sol ploegsteertois ». « Une année, j’en ai eu assez ! Ce n’est pas facile de courir avec tout l’équipement. J’ai donc annoncé à Chantal (NDLR, Vandenbroucke) que j’allais abandonner l’uniforme. Elle a menacé de ne pas m’inscrire…, s’amuse celui qui, en short et basket, a déjà bouclé le semi-marathon ploegsteertois en 1 h 32. C’était au début, quand j’étais jeune. L’an dernier, j’ai couru en deux heures. »

Une véritable troupe

Au fil des ans, le soldat écossais s’est constitué une troupe. D’abord avec des « vrais » militaires belges qui se sont joints à lui en tenue officielle, puis un poilu, gendarme à Dieppe dans la vraie vie, un soldat anglais, opticien à Marcq-en-Baroeul dans le civil… Mais également une troupe familiale puisque Chris, 6 ans, et Iris, 8 ans, courent déjà depuis des années le kilomètre enfant. Quant à madame, elle est en charge de l’intendance.



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